Le 19 Juin dernier, les internes en médecine manifestaient à Paris, pour réclamer une mise en conformité de leurs heures travaillées.
L’internat, 3ème cycle des études de médecine, débute sept ans après l’obtention du BAC et dure de trois à six ans, selon les spécialités. Durant cette période, l’étudiant en médecine est affecté à un service de l’hôpital où il exerce en tant qu’interne. Dans ce cursus professionnalisant ce futur praticien prescrit des traitements, rédige des protocoles de soins. Considérant cette pratique de terrain, l’interne en médecine, est à la fois étudiant en médecine et à la fois rattaché aux effectifs des équipes de l’hôpital. Il perçoit une rémunération, comme un salarié. Le cadre législatif prévoit pour l’interne en médecine, un volume global hebdomadier de 48 heures.

Une enquête de l’INSI (Inter Syndicale Nationale des Internes) publiée en mai 2020, démontre que plus de 70% des internes dépassent le temps de travail légal, que 40% des répondants travaillent plus de 60 heures par semaine et 10% dépassent les 79 heures par semaine.

C’est pourquoi, le 17 Avril dernier, les étudiants ont manifesté devant le ministère de la santé, et ont réitéré leur geste, le 19 Juin dernier. Une grève a été également initiée dans les services, à compter du 18 Juin, afin d’être entendu par les autorités.
Par ailleurs, depuis le début de l’année, cinq suicides au sein des internes en médecine ont déjà été constatés, remettant en cause, les conditions de travail des internes. En prenant en compte la pandémie mondiale de la COVID, les internes en médecine expriment un mécontentement ainsi qu’une souffrance au travail.
Ils questionnent également sur les conditions de prises en charge du patient, lorsque l’interne en est déjà à sa 50ème heure travaillée.

Une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) concluait en mai dernier que le fait de travailler 55 heures ou plus par semaine était associé à une hausse estimée de 35% du risque d’AVC et de 17% du risque de mourir d’une cardiopathie ischémique.

L’interne en médecine est considéré comme étudiant, alors qu’il travaille comme un salarié, en réalisant des heures supplémentaires non rémunérées ou non récupérées. Au regard de ce contexte fragile, on peut se questionner sur l’éventualité que le législateur accepte de revoir les conditions de travail de l’interne, en clarifiant ce statut « hybride ». Au regard du climat actuel et de cette situation qui perdure, n’est-il pas risqué de décourager les futurs bacheliers à entreprendre des études de médecine, faisant naître une pénurie de médecins et accroître la problématique des déserts médicaux ?