Après les hôpitaux, les cliniques, les EHPAD, l’hôtel hospitalier fera prochainement son apparition dans le paysage sanitaire. Déjà expérimenté dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale en 2017, le législateur avait souhaité réfléchir à une autre approche sanitaire. Inspiré du modèle scandinave, l’hôtel hospitalier est né, plus formellement sous l’appellation d’hébergement temporaire non médicalisé (HTNM). Au démarrage de l’expérimentation, les structures publiques concernées par la phase de test ont accepté de revoir leur organisation des soins en louant des chambres dans un hôtel classique pour y faire séjourner leurs patients.

Le séjour en résidence hospitalière implique que l’état du patient soit suffisamment stable  pour ne plus justifier l’occupation d’un lit. Tout comme, la veille d’une intervention, plutôt que d’occuper un lit de secteur dit « conventionnel », le patient dort à l’hôtel hospitalier et se présente aux admissions, le matin de son intervention.

Cette nouvelle conception du soin, accès sur  l’externalisation de l’hébergement concoure à l’amélioration de la prise en charge du patient, tout particulièrement sur le confort hôtelier. Ainsi le patient peut également profiter de son environnement à son rythme, et non au rythme du service où il aurait pu être affecté. 

Si l’hôtel hospitalier améliore le confort du patient et donc sa prise en charge, il n’en demeure pas moins qu’il peut être également utile pour les finances publiques et les impôts des contribuables. En aidant les professionnels de santé, à mieux gérer l’occupation des lits, l’hôpital pourrait optimiser sa qualité des soins et son efficience.

L’hôtel hospitalier s’inscrit dans une volonté de partenariat et de complémentarité avec l’institution hospitalière.

Le décret d’application précisant les modalités d’application, et le profil type du patient admissible en hôtel hospitalier, est en cours de ratification et devrait être publié prochainement. La parution de ce décret au journal officiel sera un tournant pour notre système de santé. Il s’agit ici  de reconnaitre formellement ce type de structure, comme offre de soins, et outil d’efficience pour les établissements de santé. Ce nouveau dispositif devrait concourir à un notable changement dans le paradigme hospitalier. 

Ainsi nos meurs et notre représentation du soin devraient être bousculés, au profit d’une nouvelle ère sanitaire.